Les produits bio de plus en plus “tendance” en Europe de l’Est (MAGAZINE)

BUCAREST, 10 sept 2009 (AFP) – Des cafés et restaurants bio qui ouvrent en Roumanie et en Bulgarie, des marchés bio qui fleurissent en Hongrie, des rayons bio incontournables dans les supermarchés polonais: l’Europe de l’Est est à son tour saisie par la mode des aliments sans pesticides ni conservateurs.

“La tendance générale montre une hausse des ventes de produits bio dans les pays de l’ex-bloc communiste. De nombreux magasins et des chaînes de supermarchés spécialisées ont récemment ouvert dans cette région”, a déclaré à l’AFP Amarjit Sahota, directeur de recherche du bureau d’étude britannique Organic monitor.

La hausse du niveau de vie, pour certaines catégories, et un intérêt croissant pour des modes d’existence plus sains –comme en témoigne l’apparition de pages “vertes” et “santé” dans les journaux– expliquent cette tendance, relèvent des experts interrogés par l’AFP.

“En Roumanie, il y a eu une fascination pour McDonalds et Coca-Cola après la Révolution et les pénuries du communisme mais les gens commencent lentement à revenir vers le bio”, estime Marian Cioceanu, président de l’association Bio Romania. Même le métropolite orthodoxe de Transylvanie s’est converti au bio, souligne-t-il.

Certes, l’Europe de l’Est demeure un “petit Poucet” pour la consommation de ces aliments: 60 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2007, soit 0,3% du marché européen alors évalué à 20 milliards d’euros, selon la dernière étude exhaustive d’Organic monitor.

Les produits bio ne représentent actuellement que 1% des aliments commercialisés en Roumanie et en Bulgarie, selon les ministères de ces pays, la consommation se concentrant dans les capitales.

La croissance est toutefois très soutenue, même en temps de crise.

Les ventes de produits bio dans les 21 magasins de Carrefour en Roumanie ont été multipliées par 15 à 20 au premier semestre 2009 par rapport à la même période de 2008, a indiqué à l’AFP la directrice marketing du groupe à Bucarest, Andreea Mihai.

En Pologne, “depuis un an, le nombre de nos clients a augmenté de 200-300%”, a déclaré à l’AFP Beata Mioduszewska du magasin écologique en ligne Ecolive.pl. “Notre branche d’activité n’a pas du tout ressenti la crise, même si les prix plus élevés des produits bio restent une barrière importante pour les Polonais”, a-t-elle ajouté.

A Sofia ou dans la ville roumaine de Cluj, des boutiques spécialisées dans les produits bio ont ouvert en 2009 un café pour l’une et un restaurant 100% bio pour l’autre.

En Hongrie, l’association Biokultura aide à la création de marchés bio qu’elle répertorie sur son site internet, donnant même le prix des légumes. Bio-Romania mène de son côté campagne pour que l’Etat roumain s’approvisionne bio pour les cantines des institutions publiques.

Le coût des produits demeure un frein dans des pays comme la Roumanie où le salaire moyen est de 325 euros. Un litre de jus de pomme bio coûte deux fois plus cher (3,3 euros) que le même jus “classique” (1,2 à 1,7 EUR). En Pologne, les produits bio coûtent de 30% (fruits et légumes) à 300% plus cher (oeufs, fromage) et en Bulgarie de 30 à 50% de plus que les denrées non certifiées, selon l’enquête de l’AFP.

Des écarts creusés par un long circuit du producteur au consommateur.

Si les pays de l’ex-bloc communiste disposent de grandes surfaces cultivées en agriculture biologique –maïs, blé, fruits, légumes–, la transformation se fait en Europe de l’ouest. Les confitures, céréales de petit déjeuner ou farine bio sont ensuite réexportés vers l’Europe de l’Est où elles constituent le gros des produits bio dans les rayons.

Un processus peu écologique, relève M. Sahota, au regard de l’empreinte carbone.

Par Isabelle WESSELINGH avec les bureaux de l’AFP

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